Libre opinion
Le billet d'humeur et d'humour de Valéry Lelièvre n°11
 
 
 
 
Lundi 7 mars 2016
 
Le billet d'humeur et d'humour de Valéry : "oh les filles, oh les filles"
 

Voici le nouveau billet de Valéry :
"Oh les filles, oh les filles"


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Valéry Lelièvre (BE 2ème degré de ski de fond) qui a longtemps été entraîneur du SA Méaudrais et des classes sportives du Collège Jean Prévost à Villard-de-Lans réagira de temps en temps à l'actualité sportive plus orientée sur le ski nordique, l'entraînement, la compétition.
 
 

Le 7 mars 2016

Une nouvelle chronique germait... ma plume balbutiait... grâce à un ami m'ayant parlé d'un drôle d'animal," le grand Tétras philosophe", habitant la contrée du Haut Jura. Cet oiseau solitaire avait pour habitude de casser la monotonie hivernale en écoutant le souffle de l'effort d'une bande de skieurs, éperdus de grands espaces et de dépassement de soi.

Quel plaisir de les voir passer ainsi, furtivement pour les premiers, difficilement pour les suivants et contemplativement pour les derniers.

Malheureusement, l'évènement tant attendu n'a pas eu lieu. La belle ne fut pas au rendez-vous. "Le grand tétras philosophe" a dû, pour se distraire, se contenter de ceux qui, pensant ne pas le déranger, viennent à pas de loup essayer de le photographier sans se marcher sur les raquettes.
Et puis un mail, une requête, m'étant destinée est arrivée dans la boîte à courrier de Dauphinordique.
" Pourriez-vous parler du ski de fond féminin, il en a bien besoin."

Si j'ai bien compris le message, comme l'a si bien chanté Patrick Juvet, "Où sont les femmes ?" Pour ne rien vous cacher, je m'étais rendu compte depuis un petit moment déjà, que le grand tétras philosophe n'était pas le seul à souffrir de solitude, les fondeuses de l'équipe de France aussi !!! Il est entendu, leur mérite est immense de garder ce niveau de motivation et de performance dans un groupe si mince. Heureusement qu'à deux, le jeu de dames est possible pour occuper les temps de récupération sur les lieux de course et de stage. Et si on leur donnait la possibilité de jouer au tarot ?

Bon, alors, comme aurait pu le chanter Dutronc, " J'aime les filles qui font du ski de fond".
Essayons de comprendre, dès la catégorie U 16, le nombre de compétitrices diminue ; en U 18, c'est l'hécatombe et au-dessus le désert est presque total.
Le constat est facile, les causes plus complexes à définir. Je ne suis pas sûr de vouloir me lancer dans une longue et difficile analyse.  
   
Après de nombreuses discussions avec des adolescentes sur le point de poser les skis, il apparaît que bien souvent, elles ne voient pas d'avenir possible dans le ski et préfèrent privilégier les études, alors que les garçons sont prêts à tenter le tout pour le tout afin d'atteindre le Graal.  
 
















Le groupe paraît également plus important pour les filles, la venue dans la structure club est souvent liée au réseau amical et la convivialité est prépondérante , quand bien même ce ne seraient là que des généralités.
Il n'en est pas moins sûr qu'un groupe de filles ne se gère pas comme un groupe de garçons.
Une question ne me quitte pas : pourquoi ça marche en biathlon et pas en fond ? Peut-être juste le fait que le groupe existe en biathlon et qu'en plus, les résultats sont là depuis de nombreuses années. Je me suis souvent demandé ce qui pouvait freiner les seniors-dames, le rapport au corps, des envies de grossesse bien légitimes même si des athlètes sans doute exceptionelles arrivent à tout mener de front... Les filles, éclairez-moi, je suis perdu !



Revenons au groupe, il me semble que l'on a su chez les garçons, créer un groupe en invitant les gens motivés à tenter leurs chances.

Chez les filles aujourd'hui, on a l'impression qu'à 18 ans tout est fini, soit on est déjà dans l'élite, soit le train est passé, trop vite.

N'est-il pas possible de juste casser la solitude de nos deux stars avant qu'elles ne se posent sur le bord de piste, à attendre, comme ce bon vieux grand tétras philosophe, une course qui ne passera pas.

Ca ne fait rêver personne de tenter l'aventure ?

D'emmener, de faire progresser un goupe féminin et de les faire rejoindre les hommes dans les exploits qu'ils font depuis quelques années, bon on y va ?

Un encadrement mixte, dont une entraîneure ayant l'expérience du haut niveau et puis aussi des sous, ça aide, on est parti ?




Et pourquoi tout ça ? Parce que comme le chante Julien Clerc " Femmes, je vous aime."
 
Valéry
 

Vous pouvez réagir aux articles de Valéry. La seule contrainte, c'est que vous signiez votre réaction.
Elle sera publiée à la suite de ses chroniques.

Ecrire à : dauphinordique@gmail.com

 
Christophe Sévessand

Pour la journée des droits de la Femme et au sujet des filles dans le ski nordique en France, je veux juste apporter des chiffres et un exemple dépassionné.

Entre 2005 et 2013, j'ai tenu des fiches précises sur chacun des coureurs qui a posé ses skis sur le circuit national et les championnats de France.
J'ai classé dans une rubrique appelée "stock" les athlètes qui "disparaissaient" de ces circuits.
En 2013, année où j'ai arrêté de mettre à jour mes fiches, je comptais :
- En ski de fond : 250 athlètes sortis des challenges nationaux. 90 filles et 160 garçons des catégories jeunes à senior.
- En biathlon : 160 biathlètes sortis des circuits nationaux. 60 filles pour 100 garçons.

Je vous laisse calculer les "pertes totales" ... Avouez que la photographie, même jaunie reste très intéressante.
Ce qui interpelle dans cette liste est que plus de 50% des skieuses et skieurs ont actuellement entre 20 et 28 ans.
N'est-ce pas justement là la fourchette d'âge propice à la performance dans ce sport ?

Okay, je n'apporte pas de solution.

Alors, voici un exemple. Hors France et hors pistes (de ski nordique). Histoire d'abreuver notre moulin.

Afin de développer d'avantage le cyclisme féminin, diverses pistes sont actuellement mises en œuvre, à différentes échelles. Le UCI World Tour Women en est l'axe international.
Côté Anglais, il y a bientôt 2 ans a été lancé la communauté VoxWomen (http://www.voxwomen.com) appuyée essentiellement par une chaîne YouTube et une communication très axée réseaux sociaux.

Le concept est simple : ce sont les filles du vélo qui parlent des filles du vélo. (D'accord, le chef du projet est un mec !)
Des sponsors privés encouragent le projet et permettent son financement.
Au printemps dernier une participation collective a même levé £7000 (près de 10 000€ ! On rêve ...) pour la réalisation d'un pilote de 26min à destination de télévisions britanniques ! Eurosport UK et Channel 4 s'étaient montrées intéressées (malheureusement, je ne sais pas où en est le projet ...)
Je vous invite à visiter la page https://www.youtube.com/channel/UCzge_QzsFdIgVojnpHOKBkQ pour en voir d'avantage.

Aussi, dans le genre ouvertures aux femmes, toujours en cyclisme, la fédération britannique propose des événements réservés aux femmes, du grand public aux Championnats nationaux.
Voir : https://www.britishcycling.org.uk/recreation/article/20141110-Breeze-bike-rides-for-women-0
A la fédération, des officiers sont spécialement délégués à la prise en compte de la dimension féminine du cyclisme outre Manche.

Certes, ces deux exemples tirés d'ailleurs ne sont pas LA solution, mais puissent-ils être des "bonnes pratiques" à ajouter à notre arsenal ?

Christophe