Libre opinion
Le billet d'humeur et d'humour de Valéry Lelièvre n°10
 
 
 
 
Mardi 1er mars 2016
 
Le billet d'humeur et d'humour de Valéry : "Où va Sasha quant elle court autour de la maison, dans la neige..."
 

Voici le nouveau billet de Valéry :
"Où va Sasha quant elle court autour de la maison, dans la neige..."


Retrouver tous les billets de Valéry > ici





Valéry Lelièvre (BE 2ème degré de ski de fond) qui a longtemps été entraîneur du SA Méaudrais et des classes sportives du Collège Jean Prévost à Villard-de-Lans réagira de temps en temps à l'actualité sportive plus orientée sur le ski nordique, l'entraînement, la compétition.
 
 

Le 18 février 2016

Ce matin, le vent souffle, une petite neige fine vient caresser les vitres de la maison. L'hiver est là, enfin.
Les flocons ont envahi l'espace, recouvert le jardin, les champs.


Sasha est heureuse, elle court autour de la maison, dans la neige.
La neige... la neige, bien souvent souvenir d'enfance, bataille de boules de neige, sortie de luge, la mémoire se rappelle les jeux, les moments de joie.

Le ski, c'est autre chose, ça se construit petit à petit, avec les parents, au club et plus si vo2 et motivation au rendez-vous.
En attendent de savoir jusqu'où ira le ski, Sasha, elle, elle s'en fout, elle court autour de la maison, dans la neige.
A force de skier avec des jeunes, les joues rougies par le froid, le visage éclairé d'un grand sourire au retour d'entraînement encore une fois peu conventionnel, il est possible que comme beaucoup, j'ai développé une sorte de syndrome de Peter Pan.
Et si la passion du ski n'était qu'un prétexte, un prétexte pour retrouver l'enfance, celle de nos souvenirs, les souvenirs d'une foulée dans la poudreuse, une foulée sans importance, sans enjeu, juste pour le plaisir.
Un peu comme celle que je vois passer devant mes fenêtres, comme celle de Sasha qui court autour de la maison, dans la neige.
Et c'est nous, adultes passionnés, pour rester dans l'enfance, qui changeons les règles et en faisons quelque chose de sérieux. Au début, au tout début, avant même de porter le premier dossard, c'est bien cette matière première qui attire, il fait aussi bon glisser que se rouler sur ce doux manteau, la neige est élément fédérateur, convivial et profondément humain.

Puis au club, à l'entraînement, avant la course, après la course, la présence du groupe devient fondamentale, c'est lui le guide sur la piste, dans la trace, la neige a rassemblé un petit ensemble de petits skieurs, d'enfants appelés à vivre une aventure commune.

Le dossard va doucement changer la donne, la course va faire grandir, les grands sur le bord de la piste faire comprendre que le jeu, ce jeu n'est pas qu'un jeu. L'action de l'enfant n'est pas seulement de se dépasser lui-même, mais de dépasser les
autres, l'important devient la comparaison avec ses congénères, l'innocence de l'enfance s'en est allée.

Ce matin, seule, Sasha ne s'en rend pas compte, elle court autour de la maison, dans la neige.

L'adulte et l'enfant se partagent la même paire de skis, et si le plus important dans tout cela était la transmission, l'échange entre le petit et le grand dans le monde de l'enfance devenu le jouet des grands.

A quoi sert de devenir adulte si nous ne transmettons pas ?
Le plus haut niveau des grands a besoin d' importants moyens, la formation des petits en manque cruellement. Quelques vieux enfants donnent de leurs temps, grâce à eux le jeu continue, de moins en moins innocemment mais le jeu continue.

Les enfants rêvent devant les étoiles et les étoiles se
souviennent le nid où de grands enfants leur ont transmis la passion.

La rencontre entre l'élite et l'apprenti est importante, elle
permet d'alimenter le rêve, un rêve de gosse, un rêve d'étoiles filantes sur une piste enneigée.
Et Sasha rêve quant elle court autour de la maison, dans la neige.

Cela fait déjà lontemps que je mets en œuvre cette théorie du transmettre, sur les pistes, dans les salles de fartage, dans des réunions qui n'en finissent pas. Bien entendu, nous sommes nombreux, l'investissement des uns et des autres est multiple et il est souvent surprenant de voir la passion mise dans les débats. Quelque soit le point de vue des différents acteurs en présence, c'est sans nul doute une réjouissance de voir avec quel engouement, vie est donnée à ce sport de neige, au ski de fond.

Un peu trop loin des pistes aujourd'hui, je surveille, regarde le chemin parcouru des enfants aux joues rougies par le froid qui ont suivi le coach, les pistes choisies ne sont pas les mêmes pour tous, pourtant ils ont de magnifiques souvenirs en commun, des souvenirs de jeux de neige, ensemble, aux clubs.

Et je me demande où va Sasha quand elle court autour de la maison, dans la neige...

 
Valéry