Libre opinion
Le billet d'humeur et d'humour de Valéry Lelièvre n°9
 
 
 
 
Samedi 26 décembre 2015
 
Le billet d'humeur et d'humour de Valéry : "Mais où va le fond national ?"
 

Voici le nouveau billet de Valéry : " Mais où va le fond national ? "



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Valéry Lelièvre (BE 2ème degré de ski de fond) qui a longtemps été entraîneur du SA Méaudrais et des classes sportives du Collège Jean Prévost à Villard-de-Lans réagira de temps en temps à l'actualité sportive plus orientée sur le ski nordique, l'entraînement, la compétition.
 
 

Mercredi 9 décembre 2015

Le grand débat sur l'avenir de la technique classique n'a pas fini de faire tourner les langues et écrire les stylos ou autre matériel plus moderne que je n'utilise qu'avec difficulté.

Lors de l'ouverture du circuit national dans notre belle région Auvergne Rhône Alpes, le fond national a fait une double poussée remarquée sur le bord de piste.

Le fart de retenue est resté bien au chaud dans sa caisse pour la majorité des coureurs. « 1,2,3 partez », ah non, « poussez » serait plus juste !

Puisqu'il faut pousser, je pousse un cri, un cri de stupeur. Sachez Messieurs Mesdames, qu'il n'y a point d'avenir dans ce style !

Le classique sera à farter ou il ne sera plus, place au skate et puis c'est tout.

Le mois de Décembre a vu de jolies manches de coupe du monde en style classique, pas en poussée. Croyez- vous vraiment préparer l'avenir en organisant des courses dans un format qui n'existe pas ?

Le skieur « farté » se prépare peut-être pour un style bientôt disparu en coupe du monde, je dis bien peut-être. Le skieur « pousseur » prépare lui une course qui n'existera jamais, c'est à souhaiter pour la discipline.

La victoire en style fond national de ce week-end a- t-elle une valeur ? Je veux dire une valeur d'avenir ? Je ne le pense pas.

Rectifions vite le tir, dès la prochaine manche nationale avec une piste ne permettant pas cet ersatz de technique, la double poussée n'est qu'un pas dans l’arsenal du fondeur, elle ne peut être une solution à l'évolution naturelle de notre sport.

Le style classique, symbole de liberté, dans la trace un jour, dans la poudreuse le lendemain, l’abandonner c'est s'éloigner du skieur populaire, de la masse.

Les courses de skate sont encore appelées « style libre » où chacun a le loisir de s'exprimer dans son style.
 
Vous pouvez réagir aux articles de Valéry. La seule contrainte, c'est que vous signiez votre réaction.
Elle sera publiée à la suite de ses chroniques.

Ecrire à : dauphinordique@gmail.com
 
Déjà des réactions et surtout des propositions
 
Willy Valette (entraîneur de l'US Autrans - Dauphiné)





 
 
Vincent Mougel (Vosges)
Tout à fait d'accord avec l'article publié sur votre site...

Je pense juste qu'il ne sert à rien de faire enfler une rumeur en criant au loup sur une éventuelle disparition du style classique.
Le skieur populaire, aventurier, Nordique, ... qui utilise ses skis de fond comme moyen de déplacement se déplacera toujours en s'aidant de ses membres inférieurs, donc le classique ne disparaîtra pas ! Sur les 16000 participants à la Vasaloppet seuls les 400 premiers poussent très forts, après c'est l'usage des jambes qui prévaut.

Pour ce qui est de la compétition, le skieur au départ choisit son matériel au mieux pour réussir le meilleur résultat en fonction des conditions le jour j. Il est vrai qu'avec l'amélioration du damage, de la glisse, et des pistes aux profils trop peu accidentés le choix se tourne vers un départ sans fart...
C'est un choix à faire, de la même manière qu'on choisit un fart plutôt qu'un autre dans sa caisse avant le départ.

Je pense donc qu'au niveau compétition, il faut être de toute façon de plus en plus costaud sur les bras et le haut du corps puisque c'est une évolution sensible en ce moment ; mais dès qu'une piste est suffisamment vallonnée, même les cadors farteront... Donc continuons à skier normalement en travaillant le haut du corps comme le bas du corps, et continuons à apprendre aux plus jeunes à skier proprement en classique !

 
Laurent Allard
Le diagnostic réalisé par Willy est perspicace. La solution serait de réaliser des parcours damés par un scooter en trace unique sur des profils naturels non terrassés et assez accidentés de type randonnées nordique, le coureur rattrapé devra laisser le passage. Ce type de courses rapprocherait le skieur classique de la "nature". Les petits athlètes fins et agiles à la technique efficace retrouveraient leurs chances face aux haltérophiles de 1.90m.
Bon ski
 
Nicolas Joly
Au moment de choisir de nouveaux skis pour cette saison, j’avoue avoir eu la même réflexion que Valéry. Et par extension la résumer en "à quoi bon investir dans des skis de classiques pour 2016 » ?

Tout à fait d’accord avec l’analyse de Willy Valette également, avec la conviction que la solution passe essentiellement par la réglementation.
Les propositions concernant un damage plus souple semblent difficiles à mettre en place, d’autant que cette fermeté de nos pistes vient aussi en grande partie, du travail d’adaptation aux changements climatiques, à l’utilisation de la neige à canon et aux efforts de préservations de la neige, qui semblent devoir se poursuivre.

Reste à mon avis la réglementation, et c’est très simple : la mise en place de sections (montantes) soumises à double interdiction : interdiction de pousser, mais aussi interdiction de canard, pour dissuader les fartages trop légers.

Etant personnellement très attaché au classique, comme beaucoup d’entre nous, je ne vois pas d’autre solution que la réglementation. Chaque sport a des règles du jeu définies par leurs acteurs, et des sportifs explorant leurs limites à des fins de performance. C’est de bonne guerre, et chaque sport a le devoir de faire évoluer ses règlementations, quoi de plus normal ?

Mais dans notre cas est-ce réellement si compliqué d’avoir 2 ou 3 commissaires contrôlant la technique sur les points clés d’une boucle de course ? d’ailleurs ne sont-ils pas déjà là ? nul doute que si la règle existe, les entraîneurs auront aussi un oeil sur ces secteurs ? pourquoi tant d’hésitations…. ça paraît pourtant nettement plus simple et immédiat que la mise en place de contrôle anti-dopage, ou d’absence de fluor sur les skis...

Sans réaction des fédérations et l’adoption de ces règles, je préférerais, de loin, voir disparaître les courses en « style classique » que de célébrer des champions de poussée.

Le style classique est l’expression d’une intelligence de déplacement millénaire, raffinée par le traçage mécanique. La poussée, à l’inverse, c'est la négation de ce ressenti des pieds, de cette lecture du sol, bref de ce que l’on résume par "toucher de neige » et qui est le propre des bons skieurs. Une dégénérescence de « technique », dont personne ne nie l’efficacité mécanique. Je me questionne surtout sur le plaisir ou l’épanouissement qu’elle peut apporter. Je pense notamment au heures de poussées en skis à roulettes, aux jeunes dans les clubs… et la motivation et l’effet à long terme de cette pratique que je crains contre productive.

Alors, finalement, et en espérant une réaction des dirigeants, je noterai simplement que le skating est aussi une évolution du classique, plus efficace, rationnelle, mais qui préserve le toucher de neige, l’harmonie physique, et surtout le plaisir de la glisse… trois fondamenatux qui devraient toujours guider les évolutions de notre sport.

 
Bastien Buttin
J'aimerais clarifier quelques points avec les sois disant experts en ski de fond.
Je suis un fondeur du Haute-Savoie Nordic Team, seulement ce que j'apprête a vous dire viens uniquement de moi !

Nous sommes des athlètes, nous nous entraînons toute l'année pour être fort l'hiver.
Depuis quelque année la poussée à fais son apparition, et cela vas devenir une habitude sachez le !

Quand nous prenons des départs nous voulons en finir au plus vite, nous voulons faire le meilleur résultat possible. Alors comprenez que si le parcours nous le permet nous partons en poussée, pour pouvoir être le meilleur.

Je ne vois pas pourquoi vous nous faite tout un fromage sur ce style.
Si vous voulez faire du classic faite donc mais ne venez pas nous dire comment nous devons courir ou pratiquer nos entraînements.

Je veux donner aucune leçon a qui que ce soit, je veux juste que vous compreniez que nous fessons ce qu'il faut pour être plus rapide sur nos courses.

 
Emmanuel Roux
L’émergence de la double poussée sur les circuits nationaux et régionaux est en effet un signal assez fort quant à l’évolution du style classique. Très attaché à ce style (comme tous les participants à ce forum je crois), je déplore bien évidemment la tournure prise par notre sport.
Toutefois, devons-nous véritablement nous en offusquer ? N’est-ce pas l’essence même du sport que de chercher constamment l’efficacité ? Au sein d’un cadre règlementaire donné, l’athlète se doit de performer soit par sa tactique, son physique ou son aptitude à innover. En 1968, Fosbury révolutionna le saut en hauteur par sa technique de saut dorsale. Aujourd’hui plus personne ne songerait à pratiquer le saut en hauteur autrement que par la technique inventée par le sauteur américain.
Pour en revenir au classique, j’estime que c’est une évolution logique et normale de notre sport. Interdire serait à mon sens contre-productif et illogique au regard des valeurs de performances et d’efficacité. Cependant je pense que cette évolution se doit d’être encadrée.
En premier lieu, je ne suis pas favorable à l’obligation de pratiquer le style classique sur certaines portions de parcours. La première raison est d’ordre logistique, s’il est possible d’organiser ce type de règlementation à l’échelle d’une coupe du monde, cela devient plus problématique à l’échelle locale. En effet, beaucoup d’organisateurs peinent déjà à assurer parfois le strict minimum d’une compétition (balisage, chronométrage…) faute de bénévoles disponibles. Imposer la présence de juges certifiés pourrait décourager à terme l’organisation de courses classiques (même si par essence des juges doivent être présents sur le bord de la piste, j’imagine qu’une telle réglementation imposera la présence de juges supplémentaires). Autre source de conflit à mon sens, le changement de philosophie de notre sport. Le ski de fond est un sport qui a pour seul arbitre le chronomètre. Le coureur le plus rapide d’un point A au point B est déclaré vainqueur. Intégrer une épreuve de style viendrait à ouvrir une boite de Pandore et changer la dynamique de notre sport. Si une discipline sœur (saut à ski) s’accommode avec réussite de cette notion de style, il existe d’autres sports dont les scandales sont légions (ex : patinage artistique). Ne risque-t-on pas de dénaturer l’ADN du ski de fond en allant sur cette voie ?
Aussi, si je préconise davantage l’utilisation d’autres moyens coercitifs pour inciter à la pratique du classique. Ma première suggestion, largement reprise dans ce forum, serait la mise en place de zones non damées. Outre l’avantage de limiter la pratique de la poussée (un fond mou incite à utiliser l’alternatif pour plus d’efficacité), cette solution offre un double avantage :
1) Limiter les zones à damer = moins de travail de préparation de piste

2) Revenir à l’essence du classique et de notre sport. En outre, on sait que les Scandinaves ont davantage l’habitude de skier sur des pistes moins bien entretenues, ce qui fait d’eux des spécialistes du classique. Apprendre à nos jeunes coureurs à travailler sur des neiges non parfaites, même en compétition, serait un plus pour développer le toucher de neige.

Corollaire de cette solution, le choix de parcours plus difficiles, nécessitant la puissance musculaire du bas du corps. Nos massifs regorgent de pentes, buttes, collines et autres montées qui pourraient être remises au gout du jour afin d’inciter les coureur à utiliser le classique plutôt que la poussée. Un mélange astucieux de montées et de zones non tracées serait à mon sens suffisamment incitatif pour décourager la majorité des coureurs à utiliser la seule force de leur bras…
Mais pour aller plus loin, ma seconde suggestion serait d’imposer un certain matériel pour le classique. Il serait facile de légiférer sur la définition d’un ski classique (ex : courbure minimale, format de la pointe du ski…). Dès lors, il serait interdit de concourir sur les courses classiques avec un ski ne correspondant pas à ces normes. Bien évidemment, il serait toujours tout à fait possible de concourir avec des skis non fartés. Toutefois, l’impact psychologique serait limité (on ne verrait plus des coureurs sortir des skis de skate). Egalement, cette solution serait facile à mettre en place (il est aisé de détecter si un ski est « pointu » ou « rond ») à tous les niveaux.
Enfin le dernier levier sur lequel jouer serait celui de la formation et de l’éducation. Et si je comprends tout à fait le point de Willy qui met en évidence le besoin et la nécessite des jeunes coureurs de briller tôt (donc d’aller vers la facilité d’une musculation à outrance), il est important de rappeler les fondamentaux du style classique dès le plus jeune age. En insistant sur le fait qu’une bonne technique en classique assure coordination et toucher de neige qui sont indispensables également en skate.
En espérant que les instances internationales et nationales prennent leur responsabilité sur ce sujet qui semble affecter beaucoup de passionnés !

 
Michel Imbaud
Comme l'a très bien expliqué Willy, la double poussée n'est pas arrivée par hasard : elle est la conséquence logique et inéluctable de l'évolution du matériel, de la préparation des pistes et du développement des qualités physiques des skieurs.

Dès qu'une donnée s'améliore, quoi de plus normal que de chercher à en tirer partie en adaptant sa technique. Il y a toujours un athlète pour s'adapter plus vite ( intelligence, intuition ) et être très rapidement imité par tous. Le classique d'aujourd'hui est-il le même que celui des JO de 68 ? Non, bien sûr et si certains en doutent, un petit tour sur You Tube s'impose. Tous les sports ont connu des évolutions perçues comme des menaces, mais ça n'a pas suffi pour les arrêter.

Pourquoi cela se produirait-il avec la double poussée ? L'élite la pratique depuis un certain temps et les niveaux en dessous ne rêvent que d'une chose : faire de même, c'est une évidence ! Je comprends donc la réaction de Bastien Buttin et pense qu'il faut énormément tenir compte de l'avis des jeunes seniors.

Il me paraît donc vain de s'offusquer de cette (r)évolution et de donner des avis trop partisans, trop tranchés, définitifs.
Ne perdons pas de vue que les meilleurs adeptes et défenseurs du classique ( Aukland, Svard, Tynell etc..) qui ont le plus œuvré pour la création du circuit Ski Classic ( un succès sans précédent ) ont aussi été les premiers à adopter la double poussée alors qu'ils n'avaient pas été des skateurs de 1er plan.

Penser qu'un retour en arrière est impossible, ne m'empêche pas de souhaiter que le classique garde une place importante, lui qui reste l'image emblématique de notre sport. Voilà 7 ans que je ne skie plus qu'en classique tant je trouve que ce geste est d'une richesse technique incomparable.

Alors que faire pour maintenir l'existence et la pratique du pas alternatif ?
Tout d'abord je pense aussi que le ski de fond doit rester un sport de chronomètre exclusivement ( des juges en coupe du monde, c'est sans doute possible mais au niveau régional cela pose un problème de nombre, de compétence et d'impartialité).

Des portions de piste en single track ( au scooter ) et sur des reliefs variés et prononcés me paraît une solution les plus réalistes. Elle aurait aussi le mérite de remettre les choses à plat concernant les exigences démesurées de la plupart des coureurs concernant la qualité des traces. Le toucher de neige, c'est là qu'on le reconnaît et c'est pas notre point fort. (NB: il y avait encore du single track à la Savoyarde en 2009 et c'était loin de plaire à tout le monde ! ).

Je verrai bien, un peu comme E.Roux, la création d'un cahier des charges ( par la FIS et à destination des fabricants ) pour la conception et l'élaboration des skis en privilégiant des critères limitant l'usage de la poussée. Agir sur les tailles et notamment celle des bâtons, sur leur rigidité. N'essayons surtout pas de mettre en œuvre des choses trop compliquées sur le terrain.

Je partage aussi les craintes de Willy par rapport à la musculation et c'est sûr qu'il y aura une pression forte sur les entraîneurs pour toujours plus dans cette direction. La FFS devra vraiment s'investir pour énoncer des règles claires concernant la pratique des plus jeunes dans les clubs.

Restons optimistes en notant que lors de la dernière coupe du monde de Lillehammer, aucun coureur n'était en poussée sur le skiathlon.

En résumé, je resterai un fana de classique, je souhaite que des solutions soient trouvées pour qu'il perdure mais je n'ai pas envie de combattre l'évolution actuelle. Par expérience, je sais que ça ne mène à rien.
 
Emmanuel Picard
Ce débat est intéressant mais comme souvent, celui-ci tourne au débat intergénérationnel les " anciens " dont je fais partie sont toujours nostalgiques du bon vieux temps où l'ont skiait sur de la mono trace dans la poudreuse… les jeunes eux s'adaptent à la nouvelle donne, moins de poudreuse, autre matériel de ski et de damage, de plus en plus de neige à canon, circuit plus court très damé, apparition de courses dans des villes !….

Cette évolution est inéluctable, d'ailleurs aujourd'hui on fait des courses de type sprint en ski de fond n'est-ce pas un paradoxe, ne serait-ce que de vocabulaire, inimaginable il y a 30 ans ? Et c'est aussi beau et intéressant pour un compétiteur que de tourner 50 km dans les sapins chargés de neige en étant très " fins " sur les skis !

Le saut en hauteur ventral a disparu, il aurait pu être sauvegardé comme la brasse ou le papillon par rapport au crawl si le règlement avait imposé la figure de " saut en avant " mais… le règlement n'a pas imposé.
Personne n'empêche les amoureux du style classique avec tous ces différents pas, de le pratiquer, mais pourquoi ne pas accepter qu'en course certains athlètes choisissent la poussée si celle-ci est plus efficace ?
La part de la force musculaire dans le sport actuel est plus importante que par le passé, c'est la vie !
Le matériel évolue et permet ce qui n'était pas possible auparavant, c'est la vie !
Les gens veulent des résultats très tôt, très haut, très fort, c'est la vie !
Les carrières sportives sont et seront certainement plus intenses, plus pro et plus courtes, c'est la vie !

Il faut accepter, s'adapter et ne pas être trop nostalgique, heureusement que les choses évoluent et bougent et puis, la poussée ce n'est pas si moche que ça quand c'est bien fait (les " critiqueurs " sont souvent ceux qui ne savent ou ne peuvent plus la pratiquer !)

Soyons positifs, traçons au scooter dans la poudreuse quand il y en a, mettons des bosses et des virages serrés quand c'est possible, mais sachons accepter et surtout profiter des évolutions.

Vive le sport et vive la glisse.
 
Didier Rousset
Soyons créatif ! et un peu fou…

" Le Stakning ", (Attention lisez bien Stakning pas Skating) est la désignation scandinave ancestrale pour nommer la technique dite de " poussée simultanée ".
La technique de la double poussée est l'évolution moderne de la poussée simultanée, gestuelle désormais diablement efficace même avant d'employer la force, et qui nous renvoie, nous les dinosaures du ski nordique à l'ère glaciaire. (Tant mieux il y a sûrement de la bonne neige là-bas au moins !)
Mes copains fondeurs, " plumitifs de la canne en carbone ", ont pris la parole, alors je m'essaye à mon tour sur un autre registre !

Celui d'autres propositions :
- Proposez des parcours de compétition avec des tronçons aux profils variés, pour lesquels l'usage des bâtons serait interdit et vous aurez la solution radicale pour enrayer le phénomène des " pousse partout " ! Au niveau régional comme international ! du minime au briscard de la WASA.
- Imaginez un titre en ski nordique acquis sans l'usage des bras. (et alors, les patineurs sur glace évoluent bien sans bâtons…et vont rudement vite non ?).
- Imaginez une double poursuite avec une première partie réalisée sans les bras, et l'autre ou la technique alternatif serait dite " libre " et avec ou sans changement de ski possible !
- Imaginez, qu'à l'image de l'optimisation de la double poussée, on puisse dans 2 ou 3 ans sublimer la technique de jambes pour la rendre encore plus efficace que celle d'aujourd'hui !
- Imaginez les vitesses d'évolution sur les tronçons " alternatif libre " que les athlètes atteindront lorsqu'ils seront techniquement aussi parfaits avec leurs nouvelles jambes qu'avec leurs bras d'aujourd'hui !!!

Quel organisateur aura le premier le courage de proposer l'exercice ? La FIS ou un club local ?
Qui seront les premiers vainqueurs ?

Bonjour à tous mes copains et amis. Recevez le clin d'œil de Didier ROUSSET.

 
Alain Gaubert
Chers amis skieurs de fond,

N’étant pas pratiquant (et vieux de surcroît) je n’ai aucune compétence pour participer à votre débat. J’ai bien un skieur de fond dans ma famille, dont on dit qu’il a un beau style en classique, mais il fait comme les autres : il skie en double-poussée.
Respectant toutes vos opinions (un peu moins l’orthographe d’une intervention véhémente) je n’ai donc rien trouvé de mieux que de faire le clown, et de m’exposer ainsi à votre indignation unanime. Voici donc ma stupide participation.

Projet de Master "Qu'est-ce qu'i font ? du ski d'fond !", option classique.

PROGRAMME :

- Fart et non-fart : problèmes éthiques, économiques et écologiques.

- Les virages : téléologie, structure, pièges, tangentes et sécantes. Du virage sauté, du sautillé. Esquisse d'une phénoménologie du roulé-boulé. Lecture obligatoire : Le virage des Syrtes.

- Le canard : cramponnant ou "sauce piquante" vs patineur ou "canard laqué". Vers l'expérimentation de techniques novatrices : la montée kangourou, le cramponnage yéti, le rôle des genoux dans la reptation. Renforcements musculaires et étirements.

- À la recherche des compromis : vers une poussée à la fois double et alternée. En parallèle avec le Séminaire "Négociations, Analyse transactionnelle, géométrie non-euclidienne, mécanique quantique (Œuvres complètes de Schrödinger à lire absolument).

- Sortir-Rentrer (des/dans les) traces : étude sémiotique. Cas-limite : entrées sans sortie ; sorties sans entrée. Psychanalyse de la sortie comme délire (délirer vient du latin “sortir du sillon”). Thérapies de rentrées dans le droit chemin.

- Prospective : vers un allègement des tenues, permettant un meilleur contrôle de la musculature dans l’effort et de l’éventuel pas de skate ; du slip de bain comme infra-limite de l'équipement hivernal.

- Protection de la jeunesse et santé publique : Interdiction de la double-poussée avant l’âge de 4 ans, sauf surclassement exceptionnel.

- Problèmes de recrutement et de formation des juges de parcours. Minimum sur une boucle de 5 km : hypothèse-plancher de 120 juges. Bénévolat ou défraiement ? Vers un arbitrage vidéo ?

- Droit et pénalités. Après l'élimination, établissement d'un protocole d'amendes et sanctions. Les cas de récidive. La déchéance de nationalité. La reconduite à la frontière.

- Récompenses (uniquement honorifiques) : Médaille du Mérite agricole, Palmes académiques pour les meilleurs montées en canard. Acquisition posthume de la nationalité norvégienne.

- Ski et politique : la question des carottes jointes aux bâtons.

- Ski et syndicalisme : constitution d'un Syndicat des skieurs excédés.


La mise en forme administrative définitive sera confiée à l'immortel inventeur du "référentiel bondissant" désignant dans les documents officiels le ballon de basket ou de handball.

PS : le ski de fond, qu’est-ce que c’est beau !

 
Bruno Legrand
Le T sera chaud et le débat houleux, comme en voile... avec l'avènement des multi-coques. Les techniques sportives évoluent et c'est inéluctable. On peut effectivement être nostalgique du beau classique mais il y avait déjà bien longtemps avec Sitonen que le mythe fut écorné.

Pourquoi ne pas faire des compét de tennis de table avec les anciennes raquettes à picots ? En natation, la brasse a bien changé et le corps ondule maintenant, la longueur des coulées est impressionnante, faut-il revenir à la brasse ancienne c'est impossible. Si on est vraiment pour la tradition, on peut revenir aux pistes anciennes "single track" alors chiche ! On revient aux racines du ski et avec une seule et même paire de skis, on fait une descente en alpin, une course de ski de fond, et une épreuve de saut à ski ?! Fun non ?!

Suis d'accord avec Didier Rousset, il faut inventer un nouveau format de course car lorsqu'il y a autour de la piste plus de juges que de fondeurs, on est mal barré. Alors départ sans bâtons, puis on récupère à mi-course ou même au tiers une paire de bâtons, du coup les skis sont déjà fartés et là ça peut redevenir intéressant.

Pour conclure même le skating a bien changé depuis le demi-pas et nos premières tentatives avec des skis de classique au départ dont on avait coupé les spatules. On peut bien tenter de résister mais cela sera vain. On ne peut pas organiser des courses en demi-pas cela n'aurait pas de sens. Honnêtement peut-on regretter les 50km classique d'antan avec départ toutes les minutes avec trois caméras fixes qui nous donnaient des courses soporifiques... On s'endormait avant la fin.

Le skate actuel évoluera aussi dans ses techniques ce sont ses mutations qui rendent l'activité vivante et donc intéressante. Une activité figée est une activité morte.

A plus Brunus
 
Claude Pascal
Je me permets d'apporter ma contribution à votre débat.

Je précise que je connais assez peu le milieu du ski de fond, mon fils débute cette année la compétition (justement par une course en style classique), et je pratique de manière très occasionnelle.

Pour les personnes pressées, un résumé se trouve en bas de page !

Je prendrai comme exemple le domaine de la natation (étant MNS et ayant entraîné, je maîtrise davantage) où la réglementation régit clairement la pratique. Si on veut " pousser " un peu, on pourrait même dire que les excès de la pratique influencent cette réglementation !

1/ Entre 2008 et 2010, les combinaisons font leur apparition et remplacent progressivement le traditionnel maillot de bain. Résultat : les records tombent les uns après les autres sans retenue !
Conséquence : on réglemente les matériaux, l'épaisseur, la longueur, la largeur… ! Cela reste insuffisant et au final on interdit définitivement la combinaison.

2/ En brasse, la réglementation oblige à sortir la tête de l'eau à chaque cycle ; dommage car on nage plus vite sous l'eau que sur l'eau. La raison : la plupart des nageurs utilisaient la brasse dite " coulée ", parfois mélangée à de la brasse " papillon ". En 1957, on distingue et on codifie clairement la " brasse " et le " papillon ".

3/ Plus récemment, les coulées sous l'eau n'étaient pas limitées. Les nageurs ont vite trouvé l'intérêt d'allonger au maximum cette coulée en ondulant pratiquement toute la longueur du bassin. Résultat : on ne voyait plus le nageur à la surface, mais une ombre se déplaçant au fond de l'eau. Limite dangereux et attrait visuel… bof !
Conséquence : le règlement limite au début des années 1990 la coulée à 15 mètres.

Le compétiteur, quelle que soit la discipline, cherchera toujours à gagner les centièmes, les dixièmes ou secondes nécessaires pour monter sur le podium, et cela en s'appuyant sur le règlement. Car tout ce qui n'est pas clairement interdit, est autorisé ! Et l'imagination chez les sportifs et les équipementiers, dans ce domaine, est sans limite (j'ai cru comprendre qu'une marque étudie des carres sur les skates..... ?!)

Dans d'autres pratiques sportives, on constate également une adaptation de ces règlements, mais pour des raisons différentes.

En volley, les règles ont été largement remaniées à la fin des années 1990. Entre autre, le match se gagnait en 3 sets de 15 points, mais on ne pouvait marquer que sur son service. Résultat : la durée du match était imprévisible, difficile alors de l'inclure dans une grille de programme TV. Conséquence : des sets de 25 points, et tous les points sont gagnants.

En tennis de table, les échanges sont trop rapides et on distingue difficilement la balle ? Pas de problème, on augmente la taille de la balle pour ralentir sa vitesse !

Pourquoi les matchs de basket se déroulent en 4 quarts temps et non plus en 2 mi-temps ? Pour favoriser la récup des joueurs ? Je ne pense pas ! Une coupe du monde de foot en plein hiver ? Pourquoi pas..... Heu pardon, je sors des rails !
J'aborde maintenant la pratique du ski classique sous l'œil d'un photographe amateur.

Lors de la première course classique de mon fils, je m'attendais à voir de "beaux et amples" mouvements alternatifs... des images à mettre dans la boîte, quoi ! Et là, j'avoue être un peu déçu, la poussée simultanée est loin d'être l'action la plus photogénique !
Cette vision photographique rejoint à mon avis, les contraintes et les exigences de la retransmission TV.
Si une course classique se résume à une poussée simultanée du début à la fin, l'intérêt visuel risque de diminuer, entraînant une baisse du nombre de téléspectateurs, donc de l'audience, et par cascade moins d'annonceurs, moins de publicité, moins de recettes, moins de retransmissions, et donc à terme …. la fin des courses de classique !

Pour conclure, et en résumé, en prenant en compte ces deux aspects, le premier directement lié à la pratique et précédemment évoqué par Willy (prédominance du travail de force, moindre toucher de neige, peu favorable en phase d'apprentissage chez les enfants), et le deuxième lié à l'influence des médias audiovisuels, il me semble que des mesures, si on veut qu'elles soient prises -car on pourrait très bien évoluer vers une pratique compétitive tournée uniquement vers le style libre au profit de la performance pure- devront être prises par l'intermédiaire d'une nouvelle règle. Il me paraît difficile de chercher à modeler le terrain pour obliger les skieurs à se déplacer en " alternatif ", le damage et le relief suivant les régions ne le permettent sans doute pas.
Donc, je ne serais pas surpris de voir prochainement une modification du règlement avec l'ajout d'un paragraphe qui pourrait ressembler à ceci :
" Toute zone délimitée par un drapeau rouge au début, et un drapeau vert à la fin, devra s'effectuer exclusivement en pas " alternatifs ". Toute poussée simultanée à deux bras entraînera la disqualification du skieur. "

Car les réglementations, dans tous les domaines, ne font que suivre et s'adapter à l'évolution galopante des comportements.

Le débat reste ouvert.
En attendant, si la neige pouvait tomber... !

Claude PASCAL