Libre opinion
Le billet d'humeur de Valéry Lelièvre n°2
 
 
 
 
Vendredi 17 octobre 2014
 
Le billet d'humeur de Valéry : "La performance, c'est quoi ?"
 
Lors de son premier billet d'humeur, Valéry Lelièvre s'interrogeait sur le retrait de la candidature de la Norvège pour les JO 2022 (article).

Pour ce deuxième billet, Valéry s'interroge sur "La performance, c'est quoi ?"





Valéry Lelièvre (BE 2ème degré de ski de fond) qui a longtemps été entraîneur du SA Méaudrais et des classes sportives du Collège Jean Prévost à Villard-de-Lans réagira de temps en temps à l'actualité sportive plus orientée sur le ski nordique, l'entraînement, la compétition.
 
En voyant la pluie tomber sur la petite commune de Méaudre, village ayant par ailleurs un climat tout à fait clément ...!!! Je me suis dit : " Tiens, bientôt la première coupe du Dauph" : un biathlon pédestre à Grenoble. L'occasion de faire de magnifiques photos aquatiques de tous ces bambins venus en découdre. ( Finalement, il va faire beau !)
En découdre, avec qui ? avec quoi ?
Devant les résultats, nous allons, surtout les coureurs, nous poser la question de performance.

La performance, c'est quoi ?

Le petit Robert nous propose 4 définitions :

1) Résultat obtenu dans une compétition
2) Rendement le meilleur
3) Exploit, prouesse
4) De l'Anglais: œuvre artistique conçue comme un événement, une action en train de se faire.

Tout cela est bien gentil, mais qu'en est-il du potentiel de chacun ?
Ne peut-on pas avoir réalisé une très belle performance en étant à la 20ème place qui, de prime abord semble assez lointaine. Pourtant, je vous l'assure, le coureur a donné tout ce qu'il avait, il a exploité au mieux son potentiel !!!

Essayons quelques exemples :

Thérèse de Norvège a-t-elle le même potentiel "séduction" qu'une marmotte en hibernation ? Selon la gente masculine qui compose le comité du Dauphiné je vous assure que non.

Simon des Pyrénées, nouveau Dieu du stade, a-t-il le même potentiel médiatique, le même sex-appeal qu'une marmotte mâle en période d'accouplement ? Selon les journalistes sportifs et la gente féminine qui compose le comité du Dauphiné, je vous assure que non.

Par contre, Brigitte Bardot et Alain Bougrain-Dubourg adopteront plus facilement une marmotte que Thérèse ou Simon, tous les goûts sont dans la nature.

Et oui, c'est dur à dire, mais la nature n'a pas fait de nous un modèle unique, plutôt une variété d'individus qui crée, sans aucun doute, la richesse de notre société et ça marche aussi pour la micro-société du Nordique.

Parti de ce constat, sourire aux lèvres, j’attends avec impatience la première compétition, puisque chaque enfant est conscient d'avoir sa place sur le podium de sa propre performance.

Erreur ! Comment ai-je pu l'espace d'un instant me laisser aller au rêve, à l'utopie, l'oubli de la comparaison, l'échéance de la sélection où le poussin malingre doit céder sa place au plus costaud afin d'avoir dans l'avenir, une basse-cour de qualité, l'insémination artificielle approche.

Premier départ dans 30 minutes, la pression est palpable, une coupe du Dauph peut aussi être une sélection, un critère, l'espoir de s'entraîner avec l'élite la saison prochaine. Une aubaine, une expérience fabuleuse pour ceux qui en ont le potentiel.

Comment se décide la dite sélection ?
Qui a réussi la performance de mettre au point la méthode pour sortir du lot d'imperfections générées par des parents imparfaits, les poussins qui feront la basse-cour de demain ?

En résumé, voilà l'affaire :
Un Ministre des sports a convoqué les principales fédérations sportives pour leur demander à quel âge elles désiraient recruter les enfants pour le Pôle espoir de leur discipline.
Donc le rugby, le foot, le rugby, le tennis, le rugby etc.......

La décision fut unanime : fin de 5ème : sélection - 4ème : entrée au pôle - pour les autres : La Porte.
Donc je crains que tout cela n'ait été fait que par esprit de vengeance !!
Chaque année, lors du tournoi des 6 Nations, il faut venger Jeanne d'Arc, battre les Anglais, faner la rose, leur faire bouffer les épines.
Et oui, nous sommes sur un malentendu puisqu'en fait, c'est l'église catholique qui a condamné ladite Jeanne et non les Anglais. Malentendu qui serait peut-être aussi à l'origine d'un certain machisme dans le sport où le terme de "femme au foyer" pour Jeanne aurait été repris de façon malencontreuse... ce n'est pas ici le sujet et j'y reviendrais certainement dans un autre article où nous essaierons de déterminer si Simone De Beauvoir aurait mis Bernard à La Porte.

Enfin, revenons au sujet qui nous intéresse aujourd'hui....

A l'âge choisi par ces Messieurs, la disparité entre les enfants est grande me direz-vous, oui, oui, et la maturité intellectuelle légère pour un engagement aussi important.
Qu'importe, si mon enfant est né en décembre, littérature !
Si les poils pubiens de ma progéniture rechignent à se montrer avant 14 ans, littérature !
Mon enfant chétif, hors norme sportive, passera ses dimanches matins près du poêle à lire des livres choisis par sa mère afin de lutter contre le Machisme en général.

Et moi, pendant ce temps-là, je pourrais hurler, beugler sur le bord de piste, après un autre enfant dont les prédispositions physiques semblent mieux correspondre aux exigences de notre discipline. Il passera alors devant moi la bouche grande ouverte, un filet de bave coulant salement sur sa combinaison rouge du SA Méaudrais, en étant sûr que, quelque soit son résultat, papa sera fier de lui.

S'entraîner c'est tirer le meilleur de son potentiel, pas être le meilleur.
Du premier au dernier, nous avons sur la piste des compétiteurs qui se battent avec leurs moyens, qui méritent les encouragements et les félicitations d'avoir donné ce qu'ils avaient à donner.

Avouons que premier tout seul, c'est con !!!

Un sport populaire avec des pratiquants soutenant leurs élites, c'est beau. Que nos champions soient de grands champions et que dans leur sillage, ils amènent une foule de coureurs de tous âges.

Valéry