Libre opinion
Le billet d'humeur et d'humour de Valéry Lelièvre n°7
 
 
 
 
Mercredi 31 décembre 2014
 
Le billet d'humeur et d'humour de Valéry :
"
Mais pourquoi ? Pourquoi cette passion du ski de fond ne nous lâche-t-elle pas ?"
 

Voici le nouveau billet de Valéry : "Mais pourquoi ? Pourquoi cette passion du ski de fond ne nous lâche-t-elle pas ?"



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Valéry Lelièvre (BE 2ème degré de ski de fond) qui a longtemps été entraîneur du SA Méaudrais et des classes sportives du Collège Jean Prévost à Villard-de-Lans réagira de temps en temps à l'actualité sportive plus orientée sur le ski nordique, l'entraînement, la compétition.
 
 
Une année commence, sans se poser de questions, nous allons être nombreux à reprendre la piste, avec ou sans trace, ou les deux, on a le droit d'être gourmand.

Mais pourquoi ? Pourquoi cette passion du ski de fond ne nous lâche-t-elle pas ?

Une discipline où l'on se gèle les mains, les pieds et autre chose encore, si le vent s'en mêle. Pour le refroidissement de cet endroit, je m'interdis d'utiliser un terme plus précis que vent, alors que la bise serait plus appropriée, par peur que quelques esprits facétieux en détournent l'interprétation ; nous ne sommes pas là dans une «érotisation » de la discipline.

Il en est pour qui c'est une évidence, une culture ancrée depuis des générations où papa, maman, pépé, mémé ont montré le chemin, enfin, plutôt la piste, qui mène aux plaisirs du ski.

Ce n'est pas mon cas ! Mes aïeux ne sont, sur une paire de skis, guère plus doués qu'un canard colvert remontant le Méaudret sur la glace.

Je fais travailler ma mémoire, cherche les premières images, puis les premières sensations. Pour les images, ce n'est pas facile. Une fois tous les quatre ans à la télévision, avec un journaliste parachuté là pour commenter une épreuve à laquelle il ne comprend rien, accompagné d'un spécialiste plus ou moins heureux, "elle est là la médaille, elle est là !"

Non, ce n'est pas cela qui m'a donné le virus.

Quoique, l'envie de se jeter à corps perdu dans l'aventure, dans la course. Et là, les images reviennent du ski avec le club, les autres comités. Ah !!! les entraînements où l'on a aucune envie de doubler une skieuse des Cévennes dans sa jolie combinaison blanche, quelle foulée !! Le regard trop haut pour lire la marque des skis et trop bas pour garder de bons appuis, l'esprit perdu dans des considérations esthétiques d'une technique en cours de maîtrise.

Porter un dossard, imiter les grands d'hier et d'aujourd'hui.

Nous avons eu la période
blanche avec Wassberg et Svan,
rouge avec Ulvang et Daehlie,
bleu avec Myllylae et Kirvesniemi
puis régulièrement, bleue, blanc, rouge,
merci à Hervé, Vincent, Roddy, Jean-Marc, Maurice, Robin, Ivan, Karine et Aurore.

Chaque génération a son héros, chaque discipline aussi, ma feuille est trop petite pour citer ceux du biathlon et trop courte pour ceux du combiné nordique.

Et nous voilà partis entre copains, à poser des sacs dans la forêt, faire des projets de courses, être ensemble. Le ski, c'est souvent une histoire d'amitié, ça se forge au fil des années, aux événements partagés. Des amis trouvés, des amis perdus que l'on retrouve parfois après des années passées en dehors des pistes, et là alors, le plaisir de voir que la passion commune est toujours la même.
Les noms ont changé, les petits skieurs rêvent toujours de devenir grands sur la plus haute marche du podium. La piste est semée d'embûches, l'année 2015 ne dérogera pas à la règle. Cela nous promet de belles batailles à coup de spatules enragées, d'empoignades verbales sur la meilleure façon de s'y prendre, de skis qui collent trop à la neige ou qui reculent malgré les efforts démentiels mis en œuvre afin d'enrayer le phénomène.

Tout cela est bien et pourvu que ça dure !!!
C'est le signe de la passion, d'une passion bien vivante, où les générations se croisent, avec ou sans dossard, car oui, il est possible de skier et d'aimer cela en dénigrant le chronomètre.

Comme le dit le philosophe Robert Misrahi : « Le bonheur se trouve en dehors de la compétition ». Même si, pour nous autres fondus de longues, c'est une école de persévérance.

Skieurs, skieuses, arpentez les pistes, avalez les kilomètres !!
Chez les porteurs de dossards, que le meilleur gagne ! Et pour les autres, faites durer le plaisir....

Bonne année 2015.


Valéry
 
 
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