Libre opinion
Le billet d'humeur de Valéry Lelièvre n°6
 
 
 
 
Lundi 22 décembre 2014
 
Le billet d'humeur de Valéry : "La déferlante rouge !"
 

Voici le nouveau billet de Valéry : "La déferlante rouge"



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Valéry Lelièvre (BE 2ème degré de ski de fond) qui a longtemps été entraîneur du SA Méaudrais et des classes sportives du Collège Jean Prévost à Villard-de-Lans réagira de temps en temps à l'actualité sportive plus orientée sur le ski nordique, l'entraînement, la compétition.
 
   

Ce week-end encore, nous avons vécu une vague, que dis-je, une déferlante rouge. Les Norvégiens sont partout, les Norvégiennes aussi et tout le monde ne s'en plaint pas.

Le public suisse a montré son mécontentement devant une telle supériorité et les journalistes craignent une perte d'intérêt pour la discipline.



Mais d'où vient donc cette supériorité ?


Nous pouvons toujours émettre des idées, des hypothèses...
Percer le mystère est une autre histoire.



D' abord, culturellement, si la France est le pays du fromage, la Norvège est le pays du
ski, et du ski de fond en particulier. Ce sport y est très médiatisé, les skieurs très suivis et la concurrence rude. Les Scandinaves peuvent compter sur un grand nombre de pratiquants et semblent encore être sur une politique de développement pyramidal en pensant qu'avec une base importante et de bon niveau, l'élite sera plus forte.


En plus, nous pouvons dire avec certitude que la neige se dépose plus assidûment et plus durablement dans le Nord de l'Europe que chez nous. En temps de ski, pour un junior, ou U 20, il est possible de calculer l'écart en saison à raison de deux à trois mois de différence chaque année.

Le ski-roues, sport mécanique et non sport de glisse, comble ce manque chez un senior à haut niveau technique mais pas chez un jeune en cours d'apprentissage. Nous pouvons constater également que la chute est beaucoup plus redoutable sur goudron que sur neige.

Une étrangeté pose question : la France excelle dans les disciplines combinées, combiné nordique et biathlon, et montre plus de difficultés dans les disciplines spécifiques, fond et saut.

Comme si les jeunes avaient du mal à se lancer à fond dans le saut... ou à sauter sur le fond ! Ce phénomène est inexpliqué même s'il est fort tentant de suivre les traces de Martin et Jason.

Attention, je ne dis pas que les fondeurs sont mauvais, loin de là, pour preuve la course
superbe de Jean­Marc Gaillard sur le mémorable 15 km classique de Davos.
Nos skieurs
paraissent armés pour faire de jolis coups pas pour jouer un classement général.

Mémorable 15 km classique où Cologna et Northug ont fait le pari de partir en poussée, skis de skate aux pieds! En les voyant, je me suis dit : " Ca y est, je suis un vieux schnock, je n'y comprend plus rien ."

Puis, je me suis imaginé spectateur d'un skiathlon où les concurrents feraient les 15 premiers km en poussée, et ensuite se mettraient à skier enfin libérés de cette contrainte qui leur interdisait le patinage, et ce, sans changer de matériel.

Faut­il en déduire que l'enterrement du classique a sonné ?

Ou faut­il que la FIS trouve très vite une réponse à ce problème ?

Les cyclistes ne font pas le Tour de France en moto sous prétexte d'avoir trouvé une monture plus rapide sans déroger à la contrainte du deux roues. Nous n'avons pas encore vu les biathlètes remplacer la carabine par le bazooka sous prétexte de meilleure efficacité.

Mais revenons à nos Vikings, que font­ils avant de monter dans leurs drakkars à l'assaut des coupes du Monde ?

Y a­t­il là, quelque chose de miraculeux ? Nous avons pu constater, l'an dernier, des résultats en deçà des espérances possibles. Ont­ils étés punis par Odin, ce qui expliquerait ce retour tonitruant. Seraient­ils humains finalement ?


Valéry
 
 
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Jacques Mignerey
La fin de la domination norvégienne en ski de fond n'est pas pour demain. Lors de la première épreuve de la Scandinavian Cup (équivalent de la Coupe OPA des pays alpins) courue le 12 décembre à Lillehammer, lors du 15km libre, les 16 premiers étaient Norvégiens...
Les Norvégiens ont sollicité Morten Aa Djupvik qui avait conduit les fondeurs norvégiens aux succès que l'on sait lors des Mondiaux d'Oslo pour prendre en main les biathlètes afin de répondre, paraît-il, à leur manque de niveau sur les skis...
 
Emmanuel Roux
Je me permets de rebondir sur le billet de Valéry et la domination des rouges.
Un article était paru il y a quelques mois dans l'Equipe Magazine dans lequel le journaliste avait mené l’enquête. Je ne trouve plus cet article en question, en revanche il a été partiellement repris dans Rue 89 (http://rue89.nouvelobs.com/rue89-sport/2014/02/16/jo-pourquoi-norvege-tout-petit-pays-a-autant-medailles-249994)

Je trouve que l'argument qui fait le plus mouche pour expliquer une telle domination est la création de l'Olympiatoppen, sorte d'Insep puissance 10, regroupant des sportifs et des spécialistes en performance. Cette structure permet une forte synergie entre les disciplines et permet à chaque athlète de bénéficier d'un suivi personnalisé et précis. Qui plus est, le partage des connaissances entre disciplines permet une optimisation constante de la performance. En effet, une découverte en athlétisme peut très bien être adapté et bénéficier aux skieurs de fond (et vice versa)
Au delà de cette fabrique à champion qui s'adresse avant tout à l’élite il faut aussi considérer un argument bassement économique : la Norvège est le 3 ème pays le plus riche au monde (PNB/habitant = 102 331$ - Source: FMI 2014. A titre de comparaison la France est 20eme avec 44 730$). Sans affirmer qu'il faut être riche pour réussir, cette aisance financière permet un support logistique et financier que d'autres nations ne peuvent s'offrir.
Toutefois, il faut malgré tout garder en mémoire que l'argent ne fait pas tout et que les JO ont été plutôt manqués par les Norvégiens. C'est ce qui fait la beauté du sport !

Cordialement

 
Jean-Pierre Burdet
Explication possible : Il suffit parfois juste d'une petite avance technologique du type fart (Cera des Italiens dans les années 85 90) ou structures pour faire la différence (1s au km, c'est 15 s à l'arrivée du 15 (densité du niveau des hommes) et c'est amplifié chez les filles. Jean Marc se fait reprendre plus de 5s du 12,8 au 15 kms à Davos et c'est que de la glisse. Les Norvégiens ont pris assez cher l'année dernière aux JO pour devoir réagir et là c'est fait.
 
Jean-Philippe Beaucher
Plus simple... c'est de la bonne race, du Viking athlétique dur au mal, avec une éducation sportive comme nulle part ailleurs. Songez qu'ils sont moins de 5 millions et qu'ils sont très loin devant tout le monde au classement cumulé des médailles aux JO d'hiver depuis 1924. Leur domination ne date pas d'hier. Et quand ils ne gagnent pas, ce sont les enfants des leurs, émigrés aux US, qui l'emportent, comme Lindsey Vonn...